On
ne devrait jamais être d'accord avec nos démons. Nous les connaissons
tant et trop, ils n'aiment qu'eux, ils détestent le changement.
On ne devrait jamais être d'accord avec eux ni faire semblant de
croître qu'ils n'ont jamais existé. Ils sont là, on nous les a offert où
on se les aient payé en tranches , ils existent, cadenassés , rangés,
lessivés ou alertes mais ils existent.
Quand ils parlent , quand ils grognent on devrait les regarder
parler. On devrait les écouter pleurer comme un petit garçon de mauvaise
humeur qui veut faire croire au monde qu'il peut le détruire; On
devrait lui caresser les cheveux ou lui tirer les oreilles.
On devrait les amener dehors, leur présenter le soleil et la lune,
les étoiles et la pluie. On devrait leur présenter tous les monstres
qu'on a enfanté pour nous protéger de lui. Tous les monstres de soi et
de joie, ceux qui nous portent, nous transportent, nous isolent, nous
relie, l'immolent, les renient.
On devrait les laisser les prendre par la main et les faire danser
longtemps, longtemps en chantant, jusqu'à les épuiser puis les laisser
revenir à nous le souffle court pour leur dire qu'on les connait.
On sait, on sait pourquoi ils crient. On sait qu'ils ont peur de la
légèreté car elle les fait s'envoler, loin, loin de nous, si loin que
quand ils parviennent à revenir ils sont à chaque fois plus petits et
moins nombreux. Petits si petits qu'ils crient plus fort pour faire peur
aux oiseaux, faire taire le silence, ils se gonflent, se gonflent
jusqu'à ce qu'on rit ou les écoute et se terre. Ils crient mais ils
n'existent pas, ils ne sont que le chant du vain sans accord ni raison.
Non, on ne devrait jamais être d'accord avec ses démons, ils sont d'hier, ils ne sont rien.