dimanche 2 décembre 2018

Nouvelle encre

Comme tous les souvent de nouvelles sérigraphies. Des semaines sans dessiner, des mois sans nouvelles sérigraphies ca finirait par ressembler à un plat sans sel, un jour sans sucre.

On les retrouve par correspondance sur le site etsy , de la main à la main sur paris ou lors des deux marchés de créateurs où je serai présent. OILL les 7, 8 et 9 décembre et l'étrange noël ( le 16 uniquement).



A bientôt?


 




samedi 10 novembre 2018

Dedans-dehors

On avait froid, tellement froid qu'on a accusé dehors. On a cherché des courants d'air, qui déverseraient ce rien qui nous glace. On  a traqué des coupables, maudit le ciel, les éléments, claqué des dents. 




C'était dedans, on était plein de vent à l'intérieur.Il bruissait tout dedans, il se déversait jusqu'à serrer les os, contracter les muscles. On était vides dedans, on gelait dedans, remplis de rien. On était nus dans le vide, sans aucune prise , sous le poids de nos propres regards , impitoyables.





On a marché là dans, longtemps, tout un instant long,on a erré, on s'est replié dans nos cavernes.On a déversé nos humeurs sur les parois de nos grottes jusqu'à allumer un feu, minuscule, immense. On s'est trouvés un peu con à se regarder comme ça, tourner en rond.




Demain il fera chaud, d'un coup, dans la neige et sous la pluie. On sera chaud dedans, on regardera dehors.

jeudi 1 novembre 2018

Le Monde


Le Monde est trop vaste pour en faire une nasse

mardi 30 octobre 2018

Alors on a laissé couler la sève


lundi 17 septembre 2018

On est ...

On est tous roi d'un pays qui n'existe pas

Nouveau recueil de dessins aux éditions la pionnière, présentation et signature le 11 octobre à la galerie Eko Sato ( paris)  avec une petite exposition sur trois jours de dessins anciens comme nouveaux.

J'en parle mieux demain, aujourd'hui c'est aujourd'hui.


jeudi 16 août 2018

C'est en dansant qu'on est venus au monde


samedi 4 août 2018

Tu veux une sucette?

On devrait toujours écrire aujourd'hui. Après il s'envole, il est replié, étiré, déformé par tous les aujourd'hui d'après. Il est déjà ébréché d'hier.

Aujourd'hui d'hier j'avais rendez vous à Alexandre Dumas avec C. Est ce qu'on peut avoir rendez vous à meilleur endroit qu'en un lieu portant le nom de l'ogre qui enfanta Monte Christo , les mousquetaires du roi, la reine Margot et agita les guise?

Mon diable à roulettes est avec  moi donc avec nous, j'aimerais dire qu'il faisait froid, ce serait exotique mais du plomb, seulement du plomb et j'essaie d'admirer les parisiennes avec une discrétion qui ne fera pas de moi un chien de plus rendant fou par la peau.

Des pas à deux,des mots à deux. Des bêtises et des récits autour d'une table, curieusement il faut être si proches pour apprécier avec gourmandise la superficialité de nos petites histoires. Sans ce lien, qu'est ce qu'on baille, qu'est ce qu'on regarde l'heure en pensant à comment on la peuplerait seul.

Seul à nouveau, quelques pas plus loin je dépose mon personnage sans visage inspiré de la pochette d'oi polloi, anarcho punk gaélique et de monty pythons, pourtant on me dit Magritte alors pour faire plaisir, parce que ça rassure disons Magritte, peut être Magritte.




Un hachoir et un mouton, "dessine-moi un...", dessin pour une exposition "1968-2018" qui parle de politique un peu , de végétarisme un peu, de ce qu'on veut beaucoup.

Le passant qui passe ouvre son téléphone pour me montrer sa collection de photos de la rue, de rue, donne ses dates, j'écoute, pour faire plaisir, ça le rassure peut être, comme un selfie, des amours, l'argent, des ronds dans l'eau, on se rassure comme on peine.




Plus loin le chevalier au dragon dont le visage fermente s'adosse à un mur qu'il dépasse un peu. La passante n'est pas marquée, elle a cassé,. Elle a cassé dedans, ça se voit. On fait tous les malins à exhiber nos fêlures et prétendre être revenu de tout pour être certain de ne pas aller nulle part mais elle..elle est cassée,avalée par ses malheurs. Je réponds aux questions, pour faire semblant de discuter, peut être que ça rassure .

Des pas, encore des pas, la colle coule parfois à travers les sacs percés. Je pars chercher un paquet, pour "raisons techniques" la poste l'a placé dans un relais autre que celui choisi, à trois kilomètres, pour des raisons pratiques j'ai juré grossièrement en l'apprenant mais c'est comme ça. Si on est un pays de service alors il s'adresse à une confrérie masochiste. Les coups, les coups, pourquoi pas mais il faut choisir qui les donne, trois kilomètres...c'est bas.




Retour, longer le cimetières des sommités. Une jolie place en briques pour coller deux messieurs amoureux que j'ai vu sur scène chez Madame Arthur, pour des soirées toujours merveilles. Portrait cadeau parce que dire merci n'est jamais inutile. Eux, du rouge, de l'or pailleté et une phrase qui les enlace.

Derrière arrive une dame à fauteuil électrique. " Ca c'est beau. Là je veux bien. C'est pas comme ces saloperies de tags. Je leur tirerai bien une balle dans la jambe" . Peut être qu'elle se rassure, peut être que ça lui fait du bien mais je ne reste pas discuter des balles dans la jambes. je croyais que c'était dans les genoux les balles pas à blanc. Tourments.



Retour, des pas, encore des pas. Dessiner un peu. Découper un peu je crois car la mémoire ment peut être. Courir, aller courir. 37 minutes. 37 minutes c'est certain parce que c'est mon plus long de ces dernières semaines. 37 minutes, fin à 22 heures, belle journée, bien être. J'ai couru "vite", serein. Je respire, marche, fumant de partout et souriant comme un âne.

22 heures et ce petit jeune homme s'arrête aussi de courir, mêches ondulantes cheveux mi longs, barbe, vêtement nets. Il sourit, tellement qu'il grimace. Il gonfle tellement les pectoraux qu'il se déforme. Il faudrait leur dire à tous, si on n'est pas musclé on n'est pas musclé, se tordre est inutile. Imaginez qu'on casse?



Il s'approche et marche en parallèle, les yeux au dessus de sa grimace dans les miens alors je demande si o n se connait car j'ai légué ma mémoire en route quelque part ailleurs comme les livreurs de la poste sauf qu'eux ils doivent revendre.Ca ne vaut rien une mémoire percée.

Il répond non , il répond que non mais il demande " tu veux une sucette?".

Dedans ça grogne,  dedans on voudrait qu'il ait mal. Mais...j'ai un peu l'habitude hébétée et puis...il est 22 heures, c'était une belle journée. On ne va pas...s'hystériser pour avoir croisé un chien rendu fou par la peau à Paris.

C'était aujourd'hui.