lundi 7 mai 2018
dimanche 21 février 2016
Janvier, février sont girovagues , escampette, poudre, perlinpinpin . Des pas , à droite, à gauche parce que quelques billets permettent le train, que des visages mangent la gueule d'un sourire à vouloir les voir.
Peut être aussi parce que la colocation avec l'humidité, la toux, les coups de balai de la voisine quand je marche (plancher m'a tuer) et les insectes que l'ambiance délecte ne me plonge pas dans l'extase mais ça...c'est bientôt derrière.
Angoulême, Nancy, Nantes, Roubaix -Lille, Toulouse avec Paris toujours intercalé. Dans chaque ville un visage ami, mot de passe et alibi pour le voyage petit, dépaysement grand quand même.
Le temps est notre ami, le temps est notre ami dit souvent une proche sinon la seule alors il est pris.
Angoulême, ville natale, je suis marchand de sérigraphies et petites bétises pendant le festival de la bande dessinée. Enfant pendant le festival c'était merguez, bouquinistes, disquaires et émerveillement, gratuit. Maintenant c'est...différent. Je n'en verrais rien, raté Hugo Pratt pour cause de vénalité mais "il faut bien vivre" dit l'âge adulte.
Des personnes, des visages , quelques passants perdus qui cherchent à parler de la pluie sur leur vie, faute de temps beau, harponnent mais peu, si peu, c'est pas capitaine Achab.Quelques personnes qui viennent encore, encore, années après années,fidèles. Il y a des parisiens en promenade, des adolescents disant avoir été conduit au dessin par mes collages. On dit merci et que c'est un peu fou la vie. Quelques "vrais" dessinateurs qui regardent de haut, commentent fort l'absence de technique, d'intérêt. Partout où il y aura un regard l'homme parlera de la taille de son pénis et de sa puissance. C'est assez peu bandant mais tout le temps c'est priape.
Un joli couple achète pour son père à elle, ils sont beaux comme l'amour doux, le lendemain matin elle m'offre une fleur, une ou deux heures et on me vole la rose, "on" est un...Pas besoin d'avoir un frère pour créer "caïen est un chien!"
Le temps file, resto obèse, pas et blabla avec une amie de vingt ans et amitié où rien à se prouver, mesurer, aucune puissance à tester. Repos.Une amie vue en concert, la timide inconnue connue campe un personnage pêchu. "Putain, putain qu'elle est belle".
Quelques murs au passage, quelques uns, ce serait comme passer à côté des jours sinon, sinon.
Paris, je sais plus mais Paris. Vivre, sourire.
Nancy , Nancy pour l'androgynette, tatoueuse à l'allure noire et au coeur et attentions en coton, rose, rouge, blanc. Nancy pour me faire encrer un peu d'elle, parce que ses traits d'artisan sont magnifiques et que la personne aussi.
je déambule entre deux, je ne croise pas les guise de noir vétus , noirs dehors , noirs dedans, quelques belles rues, leur place des vosges, de la brique, de la pierre, un tunnel piéton. Les pas rassurent puisqu'ils ménent , au passage, à une belle librairie et à une patisserie. Nourriture pour les yeux et le ventre, tout va bien, rien ne va rien.
Boutique de tatouage, découpage, blabla, retour casa. Leur maison est douce comme un feu de cheminée, entre eux ça sent l'amour, pas un mur avec le monde mais des fondations encrées, joli. On mange des glaces à Monoprix, la vie est belle sans tarifs.
C'était un troc, je laisse des dessins à des anges gardiens, je pars avec de l'encre , peau gardée.
L'aiguille tape, je me mords pour avoir mal ailleurs, on se tatoue pour contre, mal ailleurs, beau par dessus et ce beau là il est accessible, étirable, malléable, c'est notre beau à nous. Même suitant, difforme et repoussant.
Au passage un peu de papier encore, toujours. Moins facile à déposer, la ville parait propre, belle dans son centre. Je laisse un portrait, l'objectif premier, un portrait c'est comme un dessin avec un peu moins de nombril dedans et de l'émotion, c'est comme un dessin mais fleuri.
Paris, je ne sais plus mais Paris. Vivre, sourire. Photos avec Alyz, collage avec Madame, des pas avec Antho, je ne sais plus, c'est dedans rangé dans le désordre et enrobé d'amour.
Nantes, au milieu d'une famille, trois enfants, 6 mois, deux ans et demie, quatre , bientôt quarante trois, j'en aurai pas. Je partirai avec mon nom et de l'éphémère en mémoire fleurie de poussière.
Nantes à nouveau, une librairie encore, des gâteaux toujours, je dors chauffage au sol, comme chez moi mais inversé, ici c'est chaussures obligatoires et souffle passe murailles. Là bas un peu de sourires pour enfants, discussions de grands et marcher le long du fleuve. Nez à nez au lieu unique avec un ami de lycée, pas vu depuis mes seize ans peut être. Nez, yeux, bouche oreilles. On était du "petit coin", enclos punk dans cour de lycée, angle mort, musique vivante. On se parle avec le même bonheur qu'il y a...
C'est juste chouette.
Personnages de papier aux endroits habituels , déchirés bien vite d'après la toile qui aura eu le temps de les embrasser avant, merci à elle, sur mon coude pas d'araignée tatouée, je suis trop paresseux pour ça.Une passante inconnue vient parler. C'est souvent précieux ces mots à la volée puis s'en va , avec qui on n'aurait jamais croisé les mots sinon. Précieux quand l'autre ne vous appelle pas "mon petit" , "mon cher" ni pose la main sur l'épaule avec la même délicatesse que si il l'enfoncait dans votre pantalon. On sourie, scrute ou pas, les mots dansent un peu , bal à blanc.
Elle parle de ses tumeurs, de ces trucs qui grandissent en elle, je comprends, j'entends mais mes ciseaux ne peuvent pas le découper ça. Sur le grand lit où j'ai placé un enfant de nuit il y a des mains à griffes noires. Pour elle c'est ce truc là. Elle y pensera, dit elle, en entrant à l'hopital et aimerait le voir sur murs. J'espère qu'elle l'y verra en sortant propre, peux pas plus qu'espèrer.
Paris, je ne sais plus mais Paris. Vibrer, Sourire.Une des plus belles nuits. Une vie pour rien mais avec beaucoup de choses.
Lille-Roubaix. Déjeuner avec Raffy et Seb , masseur et tatoueuse de constellations. Sur mpon bras j'ai de petites signes astrologiques volées aux dates de mes deux premières expositions. Je n'ai pas de dates à fixer en 2015, le précieux ne se programme pas. C'est comme Paris , il y a des rues, du bruit, des passants sauf que quand tu es perdue le livreur te dépose dans sa camionnette parce qu'il ment en disant aller à côté.
Il y a toujours une librairie , un trou de plus sur mon compte bancaire, de la place dans mon sac et la patisserie est remplacée par une boutique veggie vegan proposant des exotismes, oubliées dans un frigidaire, pax romana à leur âme.
Roubaix, une famille, jolie maison , trois personnes , eau vive. Je cherche une voix qui fasse rire, trouvée. La journée j'attends, je dessine, dessine, avance. Le dessin crie qu'il manque, je dessine, dessine et le temps s'avale. Moments entre amis-famille de trois jours d'adoption.
Passage à la piscine pour voir l'expo Chagall , terminée la semaine précédente. Trouver un vaste beau mur, déposer un autre portrait. Quelques pas avec les filles et leur adolescente de mère, coller avec elles, elles s'intéressent puis dispersent, c'est le rythme de l'enfance. S'émerveiller, se disperser. Le rythme de l'humain, de la modernité aussi. Peu te prendront pour un chien mon frère, pour un jouet souvent, on le caresse, le jette en l'air puis lui arrache un bras et débarras. A toi de trouver ton tambour, toujours.
Je laisse sur le mur d'en face, le chemin de l'écôle , une trace de mon passage et de quelques sourires. Le journaliste d'un journal noble n'était venue me voir que pour parler d'argent, l'autre fois, ce stratégies, de visibilité par les murs. Bien sur, bien sur, l'argent est partout mais si il était le moteur ce serait bien sec , tout ça. Le curseur de la réussite il est là, se laisser avaler par des pas, sourire à un mur les mains gelées et en cadeau bonus aux tâches dégueulasses sur habits de ramoneur un sourire en retour.
Ses questions n'étaient pas une erreur, juste une insulte mais on se lave les mains de la boue des autres.La susceptibilité c'est aussi une veste matelassée.
Paris, j'ai pris un an à Roubaix. Je me souviens très bien. Vivre, anniversaire médiocre le jour J, c'est une tradition. Une rencontre à mots qui bougent, du cinéma , pas à pas, étrange, anniversaire vécu jour J. plus quelques uns. Vivre, sourire.
Toulouse. Toulouse, toulouse. Ville de coeur coupé en quelques lieux.Combien d'étés, hivers là bas? Je ne sais plus. La ville m'est toujours inconnue, comme le monde et la paix, juste effleuré, caressée. La garonne coule toujours, ma filleule n'habite plus ici, sa mère non plus. C'est chez moi et pas.
Un petit huis clos de vie, sève, sourires, quiétude d'une bulle chaude et toux, toux, toux, saleté de corps, ildevrait rester un décors. Promenade à deux, collage à deux. Toulouse est propre, nettoyée, repassée, quotidiennement. L'éphémère se mesure en heures. On trouve du sale quand même, enjambe , descend sur berges, mini escalade façon enfance, la cabane dans les bois est une cabine au bord de l'eau. On dépose un bonhomme là où d'autres dorment, espérant qu'ils aimeront.
Sur le mur est écrit " enculer dieu" , je n'y crois pas, On ne devrait enculer qu'en joie.
Lendemain en solitaire, traverser un champ d'orties soigneusement pour ne pas le défigurer, déposer un personnage à côté d'un coeur et d'un pont que je n'emprunterai pas ou si. Déposer portait , encore, sur porte de garage défoncée, soigneusement, doucement, manteau accroché plus loin , le froid pique un peu, la sueur délivre. Une voix dit "il ne faut pas coller là" et c'est mon amie Leïla hilare de rien. Les liens qui nourrissent sont chronologiques, les autres hystériques.
Photos Capucine Moreau
Avant,coller une photo d'une amie par un ami. Comme au début, quand je ne signais pas et que je collais dessins d'amie pour qu'elle réalise que "putain c'est bien" et qu'on les regarde en souriant "putain c'est bien".
Anthonoir
Photo Leïla
Je colle anthonoir, je ne sais pas si l'homme est un loup cannibale mais Anthonoir, anthony est si belle amitié que je le dépose encore, où je vais il va. Le partage et la solidarité ça tient autant de l'esprit punk , papier, ciseaux , colle UHu que du christiannisme primitif.
Je n'encule personne.
Un train plus loin, ici c'est Paris, souvent ça pue, parfois c'est doux. Aujourd'hui , des pas pour récupérer des valises propres, marcher le long du canal, s'enfoncer dans les rues, lever la tête vide, le sourire plein.
Demain Marseille, Angoulême, La rochefoucault.
Après demain...Berlin? Nancy? Lille? Strasbourg? Saint ouen?
La suite c'est içi.
Lire l'article | Voir aussi: Angoulême, Carnets, Fred le chevalier, Madame
mercredi 11 février 2015
Tu sais, on vient tous de quelque part et souvent on n'a pas envie d'y retourner, jusqu'à ce que le temps est éteint nos souvenirs de printemps.
Je suis né, grandi ,j'ai été écolier, collégien, lycéen à Angoulême, cité des valois qui était alors "ville qui vit en ses images", années 80 pub et fric obligent.
Les images on en garde plein de son enfance, plein et bien nettes qu'on en veuille ou pas. On garde des madeleines de proust, des biscuits à la crème et quelques uns tellement trop secs qu'ils cassent les dents.
Je garde la montée des marches vers le centre ville, dans une ville médiéval le centre est à l'abris des remparts donc...on monte.Comme dans les illusions perdues l'ascension sociale se fait à coups de marches.
Je garde l'insouciance de l'école des petits, compétition de rollers, le sentiment de différence, les blagues qu'on ne comprend pas, les concours de zizi déjà ( l'âge adulte ne nous apprend rien, les règles sociales sont incultes), la dureté de l'écoles des plus grands, la violence qui suit à pas, disparaître, se fondre.
Je garde les murs peints, druillet immense tout là haut la bande dessinée, des concours de dessins , une brosse à dent électrique et la vie de jesus gagnés avec des stylos, le punk découvert à 14 ans, la souris déglinguée en disque vynil déjà, ma chambre d'enfant sous les toits, toujours. Sandrine V et son accent toulonnais que je n'aurai jamais embrassé, Laure et ses anglaises, pas davantage.
Je garde les clémentines et le chocolat devant la cheminée, la dernière séance, les tableaux de mon père, les livres de ma mère, Emilie de ma soeur. Je garde des chats qui vivent et meurent.Apprendre à courir, faire vivre son corps, courir, sauter des haies, un marathon le corps enfoui sous les courbatures.
Je garde.
Je garde le besoin de partir, stop, assez, stop, loin, loin, plus jamais, trop petit, comme enfermé dans sa cour de lycée.
Des retours parfois, longtemps jamais, voir ma famille , un tour de ville et s'envoler.
Avec la renaissance au dessin j'emmène à angoulême mes personnages de papier , comme partout, à chaque fois.
Petits au départ ils grandissent peu à peu, ils deviennent des rouleaux, assez gros et grands pour qu'une main anonyme écrive "on en a marre de tes bonnes femmes" ou " es tu gay?". Ne connaissant plus personne ni d'eve ni d'adam ma pomme s'amuse de ces retours là.
Un peu plus tard, discrètement une exposition ici, en terres charentaises , chez cax, la boutique de Julien et ses meubles vintage installés dans une ex boutique d'instruments de musique à l'allure vaisseau spatial post futuriste. Pour le vernissage il y a Julien et sa famille , miel plus que vinaigre, mes parents , leurs amis, deux amies de cent ans et leur petit cercle, c'est intime, c'est joli, c'est cocon, Pas un milieu, pas une clique, c'est l'hors monde dans la vie.Ce sont ces moments qu'on se crée pour partager, pas se mesurer.
Retour encore invité par la BBC , je colle des chapeaux melons monty pythons pour des anglais qui m'invitent "chez moi", le train payé comme si j'existais.
A noël je suis revenu jouer au marchand, pour la première vraie fois après une expérience avec beaucoup de figue et peu de raison. Rue piétonne , celle qu'adolescent on monte et on descend sans cesse, cherchant on ne sait trop quoi et qui, de la façon dont finalement on passera nos vies. Il fait peut être quelques degrés dans ce lieu ouvert au vent mais on ne les sent pas trop. On se réchauffe au thermos généreusement offerts, aux pâtisseries et aux bons mots.
La découverte c'est que mes personnages sur murs ont une vie ici, qu'ils font des rencontres. On les déchire bien sur mais on leur parle aussi, on les couve aussi. On les recolle, les dessine, les filme, on leur apporte des sourires en cadeaux. On dessine en pensant à eux, on les promène en tête. J'écoute des gens , pas mal de gens me le dire en sourires, c'est une jolie fête.
La découverte c'est que finalement je suis revenu à Angoulême, pas juste un jour puis un week end puis tout l'été dernier, je suis revenu vraiment mais je ne le savais pas. Je suis revenu de la seule façon dont je sais me lier, dans le silence ces mots et avec mes personnages qui restent là, qui rencontrent, qui touchent sans se coucher.
Je suis revenu même si physiquement je repars à Paris sans le moindre soupçons d'envie. C'est bien Paris, c'est bien aussi, il y a plein de beau à Paris mais je sais que je vais courir là bas. Je sais que je vais rejoindre ce qu'on appelle appartement mais qui est une menterie. D'un appartement il n'y a que le loyer qui coûte trois bras, six yeux, deux têtes mais c'est une pièce avec des taches d'humidité pour invitées.
A Paris il n'y a pas cette invention magique qu'est la baignoire, il n'y a pas de cheminée, de fleurs dans le jardin de ma mère, mon chat ne dort pas sur moi, A Paris, en rêves je découche pour l'appartement atelier que la bonne fortune me donnera ou pour la ville que j'épouserai.
J'avoue pour la première fois, à Angoulême...je serai bien resté.
Lire l'article | Voir aussi: Actualités, Angoulême, Carnets, Fred le chevalier
mardi 11 novembre 2014
Hello mate
My name is not Peter. I am not an east ender. Falt in love with Emma Peel, later with the pistols , 1977's punks and later oi! and so much music. John King is one of my favourite writer , i danced with the mont python's and i hope i'll see a fotball game one day in London but...no definitly no...i am Fred and i come from Angoulême.
Je suis d'angoulême comme on est de la ville où l'on a grandi. Les murs, les rues , les remparts évoquent des visages, des sourires, des regrets, des noms, des peurs et de la lassitude. J'ai monté, descendu ces rues, du plateau vers la maison, de la maison vers l'école à grumeaux, un paquet de fois. Monter, descendre tellement , perdre de vue tellement de gens que quand tu pars, tu décolles. Tu as vingt ou vingt cinq ans, encore des illusions à perdre et tu décolles, tu pars respirer ailleurs comme rastignac et ravaillac.
Tu pars respirer ailleurs, tu veux te griser, tu grises, tu perds la ville qui t'a vu naitre, étouffer de vue et puis tu reviens , tu reviens un peu, puis beaucoup et tu es de là mais plus du tout. Ceux qui sont restés tu ne les connais pas , tu ne les connais plus. Il y a bien des visages familiers, empaquetés ou pas, entourés d'enfants souvent mais tu ne les connais pas.
Tu deviens un local d'occasion , un local d'avant, avant, avant des murs qui n'ont pas chuté. A paris provincial ,à angoulême de passage. Ils sont doux les passages, pas de course, pas de métro, dormir, lire, dessiner, flâner dans la maison où l'on a grandi et qui a toujours embelli depuis. L'eau coule ici, le long du fleuve , là bas les parisiens courent.
Mon chat y a pris quartier, parisien il était doux comme dans shining, maintenant il a l'allure d'un vieux jardinier, c'est un hooligan converti au bouddhisme. Sur les murs du haut vers le bas je regarde toujours les lézards avec admiration.
Hier je n'y étais pas pour courir le long de la charente, dessiner dans la véranda face au jardin. Hier c'était la BBC session, j'étais invité pour une interview par une équipe de télé anglaise, une émission qui passera dans un petit paquet de temps là, sur la BBC .
C'est une vie étrange que d'être invité dans ton chez toi par des personnes qui n'en sont pas et qui sont d'un pays qui est riche en émerveillements, connexions culturelles. Chez toi, chez soi, je suis dans une bulle et quand je m'y déploie pas vraiment à l'étroit, ne pas se sentir chez soi c'est sans doute seulement essayer de se lier ou approcher des grincheux et des territoriaux, généreux comme une bataille de préau.
Ils sont souriants comme des gens polis, boivent du thé, l'une est moitié indienne, ponctuels, attentionnés, ils ont de l'humour, je crois qu'ils sont anglais. Tu mets tout à l'envers et tu as les français.
Leur angle c'est la bande dessinée, son impact sur les gens ici. A vrai dire je n'y pense jamais mais...J'ai grandi dans une ville où l'on peignait les murs. J'ai vu le premier enfant, à ma campagne, c'était immense, rempli de héros de papier. A ma campagne où l'on vivait heureux je crois dans un HLm vaguement jaunes avec des voisins dont je me souviens comme de gens biens.
Des murs peints qui poussent, d'autres arrivent, tu grandis , tu lis des trucs qui bougent et une bataille spéciale nait sous les traits de Philippe Druillet, tu l'as vu se ternir, presque disparaitre, elle vient d'être rénovée.
Le festival de bande dessinée c'était ce qui changeait la ville, un déferlement, la foule, des parisiens et des gens de loin. Des fêtes et de l'indécence il parait mais j'étais trop petit ou d'aucun sérail. Des matchs de foot entre auteurs, des beuveries, des dédicaces des livres que tu avais déjà chez toi, des discussions. Tout était gratuit, l'odeur de merguez, les bouquinistes dans la rue. c'était pendant alors alors enfant tu ne peux pas ne pas voir, tu grandis avec des dessins, de l'image, forcément de l'image affichée, cachée, partout.
Au cinéma tu as des après midi à films d'animation, le premier seigneur des anneaux jamais terminé, la guerre des étoiles en une journée, quand tu sors à 20 heures, à douze ans tu es le maitre du monde.
Maintenant tout est payant, tu paies pour entrer dans les expositions, tu paies pour entrer sous le chapiteau où il n'y a qu'à vendre mais peut être que c'est pareil, peut être que ce n'est pas différent, seulement peut être.
Mes petits ans c'était là bas, là dedans. La première inscription sur un mur qui m'ait marqué ( tu crois qu'on parle de tag à angoulême en 1983?) c'est "jean phi tu pues comme une morue" et je continue à venir sourire à ses restes. J'ai embrassé pour la première fois en face, parce qu'elle pleurait, c'était nul, trop tôt, je ne voulais pas, c'était pour faire plaisir. J'ai attendu dix ans le second, c'était nul, trop tard, je le voulais, pour partager le plaisir.
C'est mon enfance, c'était sec, j'ai poussé sec, j'ai pas compris comment et pourquoi ça marchait les gens, pourquoi on passait notre temps à se mordre mais peu importe, c'est mon enfance et c'était riche aussi.
Vingt ans après le départ je ne peins pas les murs, juste du papier. j'essaie de répondre à des questions en anglais, tout en laissant la journaliste sourires m'aider et m'aider vraiment et vraiment avec volonté. Je crois que c'est aussi facile que de pédaler en téléphonant tout en lisant une carte mais ...ça se fait. Il fait beau , j'ai choisi le mur d'un lieu abandonné. Il est beau , pierres magnifiques et fenêtres pétées, métal rouillé. C'est calme, calme mais me le confirme un gentil vieux monsieur " bientôt on sera deux cent à jouer à la pétanque"....
Alors on pose la veste et on y va...Ca dure cinq minutes, cinq heures, cent ans, j'ai les mains dedans, c'est le meilleur de nos vies..... Le monde peut bruler, il n'est pas invité.
Lire l'article | Voir aussi: Angoulême, Fred le chevalier
lundi 28 juillet 2014
dimanche 27 juillet 2014
De rien à beaucoup il n'y a pas grand chose, trois petits tours, soleil et air frais ou la tête dans son enfer personnel..Hier les petits rien étaient en chariot vers une route et une fleuve.

Sur le trajet une boutique amie pour point de chute,on ne devrait pas parler de point de chute, ça ne veut rien dire point de chute. Il y a plutôt des lieux qui respirent, habités par des gens qui inspirent. Des lieux où l'on s'assoit, ou pas , mais où l'on parle debout, souriant, agréablement, on n'y chute pas. Ici c'est entouré de meubles et accessoires vintage comme cinquante.
Pour une amie j'ai trouvé des cadeaux, les cadeaux pour les amies ils apparaissent partout, toujours en trois dimensions, comme par enchantement, sans lunettes ad hoc. Quand on aime là c'est un carnage, le monde devient truffés de cadeaux avec son visage souriant superposé.
Rue piétonne d'angoulême, pleine comme un samedi, adolescent on la monte, on la descend, on se croise, on se toise, on se sourie où on fait comme si, non. Chaque petite ville a sa rue nombril , son quartier phare, son sens de déambulation.
Descente vers la charente, "cousin t'as vu?" interpelle le passant inconnu. C'est vrai, mon sac fuit , lentement, consciencieusement, laissant un mélange d'eau et de colle derrière lui, petit poucet, pourtant on ne repassera pas par là.
Passage par la débauche , brasserie charentaise dont les bières sont des objets, dessinés par les uns et les autres, plutôt sombres, la mienne porte un nom de Charleston.
Quelques fantômes du passé,des inconnus d'avant, des connaissances de pendant les années lycées, une fille ou deux que j'ai crû aimer. Ils passent en voiture, sourient, ont des enfants , parfois grossis, toujours vieillis. Je suis à pied, toujours à pied, à sec, toujours à sec, sans doute vieilli drôlement moi aussi.
Je finis là, ma tournée de papier, , prés du fleuve, entre lui et ce qui fut une piscine. Je finis là, de travers, encore, toujours de travers. J'essaie de me faire croire que c'est le mur qui s'est penché après pour m'embêter après collage mais je me mens si mal que j'y crois à peine.
Je finis là avec un titre volé aux héros intemporels de "la souris déglinguée, adolescence, jeunesse, tempes grises, matin, midi, espoir, salade, tomates , oignons.
Je reviens après , ça compte autrement, il n'y a plus de chariot. Juste des jambes, je me pose sur mes jambes et je les regarde courir de la porte de ma mère, au numéro volé il y a mille ans à l'étang. Il a fait chaud, il est tard alors mes jambes volent, on vole toujours l'été quand vient la fraicheur. On vole, on accélère encore, encore on voudrait que le temps nous avale, fermer les yeux, emplis de l'odeur de l'herbe, de la terre et que le temps nous avale. C'était un beau jour pour vivre.
Lire l'article | Voir aussi: Angoulême, Fred le chevalier, Murmures
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